Rapport d’expert N°357_MAGN, service de psychiatrie judiciaire
Né de la rencontre inattendue, sur un divan freudien élimé et rendu inconfortable par des ressorts détendus au niveau du fessier, d’un rêve fait par le graphiste et musicien Mathias Schweizer, plein de nuages de mousse carbonique en forme d’extincteurs crevés à coups réguliers d’arbalète suisse, et d’une Electribe rouge enfermée pendant 20 ans dans la cave de Josef Fritzl, le dénommé Kurt Dolto me paraît absolument non coupable de tous les griefs retenus contre lui.
Il est donc tout à fait normal qu’il présente des penchants irrépressibles pour certains plaisirs tenus pour régressifs aux yeux de l’Intelligente Dance Musique : il aime parsemer ses breaks de mélodies 8 bits rappelant un mélange singulier entre des raves happyharcore et des bals de village où l’orchestre aurait été drogué à son insu par le dernier punk survivant du canton. Accélérations rythmiques frénétiques, lignes acid vrillées et riffs de synthés noisy en rafales, les lives de Kurt Dolto produisent depuis plusieurs années sur le public un effet étonnant : sautillements parkinsoniens, mères de familles qui se lancent dans des pogos hasardeux, boites crâniennes entrechoquées convulsivement les unes contre les autres au gré des kicks. On parle même d’une émeute qui aurait eu lieu lors d’un live à Chaumont il y a quelques mois, dans le cadre d’un concert donné dans le cadre festival international des arts Graphiques.
On retrouve ces caractéristiques dans les quelques traces enregistrées passées et à venir que l’intéressé a bien voulu soumettre à notre expertise : de « Floop Floop » posé sur la compile Rolax Snax 1, morceau qui saute comme du pop corn surchauffé au milieu de galettes de crack, jusqu’aux collaborations à venir avec The Fawn Obsession ou Anabelle’s Poppy Days, en passant par un ep sur Rolax fin 2008 concentré comme un injection sous-cutanée de nitroglycérine, tous ces éléments me font demander la remise en liberté immédiate de mon patient, et à l’abandon, en premier lieu, des poursuites pour trouble à l’ordre public et deuxio, des plaintes pour outrage à la pudeur.
Veuillez agréer, monsieur le juge…